/!\ Cette série a pour but de conclure l’histoire de Pokémon Origins, et devrait être lue uniquement après avoir fini les 5 Chapitres disponibles dans le fan game ainsi que les autres fictions de notre site web.

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Épisode 4 : Union

Assis sur le plancher, dans la pénombre d’une bâtisse isolée, Arisson était enchaîné à une barre de fer. Il était bâillonné et immobilisé. Il avait de plus été fouillé par les hommes qui l’avaient capturé et ils lui avaient pris ses Pokéballs. Il n’avait aucun moyen de s’échapper.
À travers les barreaux de sa fenêtre, le jeune homme décela que le jour semblait se lever. Il avait passé sa première nuit en captivité et personne ne l’avait nourri depuis son arrivée. Mais peu lui importait, une autre pensée occupait tout son esprit.
Quelques minutes à peine après le lever du jour, la porte de la cabane s’ouvrit en grinçant, et trois hommes entrèrent. Il reconnut Cyrio, ainsi qu’Armin, le Leader qui faisait partie du groupe qui l’avait capturé. Le troisième portait un bandeau sur les yeux et promenait un étrange bâton sur le sol.
Arisson ne quittait pas son ami des yeux, il n’aurait jamais pensé le retrouver dans une telle situation. Armin resta devant la porte en croisant les bras, tandis que Cyrio s’approcha du prisonnier et lui retira le tissu qui lui couvrait la bouche.
— Arisson… souffla le jeune homme. C’est bien toi…
Il ne l’avait jamais vu avec des cheveux aussi cours et un regard aussi déterminé. Il semblait avoir traversé bien des épreuves.
— Cyrio… Je suis content que tu ailles bien.
L’homme aux yeux bandés se tourna vers le captif et lui lança calmement :
— Je suis Guilhem, le Chef des Combattants de l’Ombre. Ravi de te connaître.
Armin ferma la porte et apporta deux chaises pour lui et son Chef. Les deux hommes s’assirent tandis que les anciens amis continuaient leurs étranges retrouvailles.
— Tout d’abord, commença Cyrio, je te remercie infiniment d’avoir sauvé Gensîl. Je suis allé le voir dès son arrivée hier soir, et il allait bien. Il était encore un peu secoué, mais il m’a dit qu’une longue conversation nous attend quand il se sentira mieux.
Toujours enchaîné, Arisson se contenta de hocher la tête. Cyrio continua :
— Je suis désolé que tu aies subi tout ça. Tu avais cet uniforme de Libérateur, alors…
— Et alors ? s’offusqua Arisson. C’est totalement stupide que les Combattants de l’Ombre et les Libérateurs se craignent comme ça. On partage le même but, je te signale !
— Tu es donc bien un Libérateur… conclut Armin en se grattant le menton.
— Bien sûr. Je n’ai pas l’intention de le nier.
Guilhem soupira profondément, puis déclara :
— Je sais que tu as été un précieux allié pour Cyrio, il a longuement plaidé ta cause. De plus, tu nous as rendu un fier service en libérant cet homme de la Confrérie de la Terre… Malgré tout, l’historique des Libérateurs est bien trop sanglant pour que l’on t’invite déjà à boire à notre table.
— Une guerre ne se remporte pas sans sacrifices.
— Arisson… se désola Cyrio. On s’est juré de se battre pour la liberté d’Elenos, mais on ne peut pas mettre la région à feu et à sang…
Arisson fixa le plancher quelques instants, et souffla :
— J’ai fait des choses dont je ne suis pas forcément fier. Malgré tout, nos actions ont eu un impact décisif dans les récents développements du conflit.
Le jeune Libérateur fixa son ancien allié dans les yeux et ajouta :
— Tu as accompli de grandes choses au Nord-Est d’Elenos, mais la Confrérie de la Terre est rapidement revenue à Marézan. Il fallait agir avec bien plus de poigne pour les repousser.
Armin réfléchit quelques instants et commenta :
— Marézan… Comme je le pensais, les Libérateurs étaient bien liés à cet incendie qui a ravagé la flotte de la Confrérie de la Terre et fait de nombreuses victimes… y compris un enfant innocent.
— Je… Je ne pouvais plus reculer… C’était inévitable.
— Alors c’était toi… souffla Cyrio en baissant la tête.
Armin se leva de sa chaise et s’approcha d’Arisson. Il ajouta calmement :
— Sais-tu qui était ce jeune garçon qui a péri lors de votre opération ?
Le silence se fit dans la pièce. Armin conclut alors :
— C’était le petit frère d’Ariane, l’une de nos Combattantes les plus loyales. Elle a été dévastée lorsqu’elle a appris la nouvelle.
— Je… Je suis désolé… murmura Arisson.
— Tout cela est bien malheureux… déclara Guilhem avec gravité. Nos idéaux sont les mêmes mais nos méthodes diffèrent. Pourtant, nous entredéchirer fera toujours les affaires des Confréries. C’est peut-être même cet objectif qui a conduit à la formation des Libérateurs…
Cyrio se retourna vers Guilhem, interloqué :
— Qu’est-ce que vous voulez dire ?
— Peut-être l’ignores-tu, Cyrio. Mais les Libérateurs ont été formés par d’anciens Combattants de l’Ombre à la suite d’un malheureux incident.
Armin se rassit pour laisser la parole à son Chef, tandis que Cyrio et Arisson l’écoutaient avec toute leur attention. Guilhem continua :
— Parmi les 4 Leaders que je supervisais au sein des Combattants de l’Ombre, le Leader 1 était le plus actif et le plus déterminé. C’était un bras droit remarquable, mais qui se laissait parfois emporter par sa fougue. Malgré tout, nous menions des actions de plus en plus impactantes et notre influence grandissait dans le Sud-Ouest d’Elenos. Malheureusement, lors d’une opération que nous planifiions depuis des mois, la Confrérie de l’Eau a tendu un piège au groupe de Combattants mené par le Leader 1. Trois de nos meilleurs compagnons ont été capturés, et on ne les a jamais revus… Lorsqu’il est revenu à Asténia, il était effondré.
Guilhem reprit sa respiration quelques instants et continua :
— Quelques jours seulement après ce désastre, mon bras droit reçut une lettre anonyme l’informant que j’étais un ancien membre de la Confrérie de l’Eau et que j’avais échangé des informations confidentielles avec ma Confrérie. Il est aussitôt venu me voir pour dissiper tous les doutes… Mais je ne pouvais plus le lui cacher… J’avais bien fait partie de cette Confrérie. Tout le reste était faux, mais j’avais fait l’erreur de ne pas m’ouvrir assez tôt à mes compagnons. Le sentiment de trahison a obscurci son jugement, et il s’est convaincu que j’étais un traître sur toute la ligne. Lui et quelques membres de son groupe ont subitement disparu, en emportant des cartes et du matériel. Quelques semaines après, les Libérateurs ont commencé à faire parler d’eux…
Cyrio réfléchit quelques instants et demanda :
— Alors vous pensez que… tout était prémédité ?
— C’est une théorie… confirma Guilhem en hochant la tête. La Confrérie de l’Eau pourrait avoir obtenu des informations qu’elle aurait utilisées pour nous diviser. C’est une excellente façon d’affaiblir un adversaire. Les Libérateurs ont mené une série de désastreux attentas dans le Sud-Ouest. Cela n’a fait que faire grandir la peur de la population, tandis que la légitimité de la Confrérie de l’Eau en tant que force souveraine et protectrice s’est renforcée.
Cyrio fit un pas vers son Chef et déclara avec indignation :
— Mais c’est idiot de garder sa rancœur chacun de son côté ! Il faut que les Libérateurs et les Combattants de l’Ombre unissent leurs forces !
— C’est également ce que j’avais en tête, répondit Guilhem en hochant la tête. Malheureusement, aucun Libérateur n’a accepté de discuter avec nous lors de nos rares entrevues.
Cyrio se retourna vers Arisson et lui demanda :
— Tu étais au courant ?
Arisson baissa les yeux et répondit :
— Je… J’ignorais cette histoire. On m’a simplement dit que les Combattants de l’Ombre avaient des liens avec les Confréries et qu’il fallait s’en méfier.
— Dans ces conditions, difficile d’établir une discussion… conclut Armin.
Guilhem resta silencieux quelques instants, et déclara :
— C’est peut-être une grande chance pour nous tous de t’avoir rencontré, Arisson.
Alors que le jeune Libérateur jetait un regard surpris à Guilhem, tentant de déceler une expression derrière ses yeux bandés, la porte du cabanon s’ouvrit. Chiaki entra et annonça aussitôt :
— Gensîl a repris des forces. Il voudrait te parler, Cyrio.
Guilhem se leva aussitôt et lança avec enthousiasme :
— Parfait ! Armin, peux-tu détacher notre invité ?
Armin s’exécuta et libéra Arisson de ses chaînes. Le jeune garçon restait silencieux et méfiant, mais la présence de Cyrio lui donnait un peu de confiance. Armin se tourna vers son Chef et lui demanda :
— Tu es sûr que tu veux partager les informations de Gensîl avec un Libérateur ?
— Bien sûr, répondit calmement Guilhem. Sans Arisson, nous n’aurions peut-être jamais retrouvé Gensîl. Et entre les Libérateurs et les Combattants de l’Ombre il est temps que quelqu’un fasse le premier pas.
Le Chef ramassa son bâton, attrapa un bras de Chiaki et lui lança :
— Montre-nous le chemin, Chiaki. Nous allons tous rencontrer ce brave Gensîl.

Après avoir mené Cyrio, Arisson, Armin et Guilhem à la résidence où se reposait Gensîl, Chiaki prit congé et les laissa discuter.
Le vieil homme était infiniment soulagé de retrouver Cyrio, et il se décida enfin à lui raconter son passé : sa première rencontre avec le Sage du Vent, sa formation pour devenir Sage de la Terre, et son indignation en découvrant le véritable objectif du Conseil des Sages…

*Pour plus de détails sur la jeunesse de Gensîl, lire la série de fictions intitulée « Les mémoires de Gensîl ».

Les quatre hommes l’écoutèrent avec attention, et chacun réfléchissait avec gravité devant l’ampleur de ces révélations.
— Le Conseil des Sages… répéta Guilhem. C’est fascinant. Moi qui ai autrefois fait partie de la Confrérie de l’Eau, j’ai déjà entendu parler de notre Sage, mais j’en savais très peu sur lui ou sur son rôle.
— Pourquoi ne pas m’avoir raconté tout ça plus tôt ? s’étonna Cyrio.
— Je suis désolé… répondit Gensîl. Je ne voulais pas que tu te mettes en danger en t’attaquant frontalement aux Sages, ç’aurait été une folie. Et puis…
Il s’interrompit quelques instants et reprit :
— Et puis… je craignais également que tu ne perdes ta confiance en mois si tu apprenais que j’avais fait partie d’une Confrérie. Je voulais que tes priorités soient ailleurs.
— Pas d’inquiétude, plaisanta Guilhem, je crois qu’on est plus nombreux dans cette pièce à avoir fait partie d’une Confrérie que le contraire…
Arisson ne semblait pas saisir toute la portée de cette plaisanterie, mais il commenta la situation à son tour :
— Si je comprends bien… les Sages sont en train de réunir les Orbes Élémentaires pour faire renaître le Temple des Origines et… purifier Elenos ?
— C’est bien leur intention, confirma Gensîl. Il semble que ce Temple pourrait leur permettre de déchaîner un cataclysme majeur qui éradiquerait tous les habitants de la région et ne laisserait qu’une page blanche…
— Et dire que les Confréries sont obsédées par leur petite guéguerre pendant ce temps… se désola Armin. Personne ne se doute de rien ?
— Cela fait longtemps que je ne suis plus au fait de la situation, expliqua Gensîl, mais le Conseil des Sages a su habilement mener sa barque jusqu’ici pour manipuler les Confréries dans l’ombre.
— Ces révélations ont une importance majeure… ajouta Guilhem en se grattant le menton. Il faut que l’on prenne le temps de revoir notre stratégie.
— Mais comment savoir quels Orbes sont en leur possession ? demanda Cyrio.
— Impossible d’en être certain, déclara Gensîl. Cependant, tu sais à quel point mon lien spirituel avec les forces de la Nature est profond. J’ai remarqué depuis quelques semaines des perturbations majeures, sans commune mesure avec ce que j’avais autrefois ressenti. J’ai particulièrement senti l’énergie du Vent se déchaîner, et plus récemment celle du Feu.
— Passionnant… s’enthousiasma Guilhem. Maintenant que vous le dites, il y a eu ces tempêtes à répétition depuis un certain temps, et ensuite ces canicules sans précédent…
— Oui… confirma le vieil homme. La Nature exprime parfois son déséquilibre de manière évidente.
— Si vous avez vu juste… réfléchit Armin, il ne leur manquerait plus que l’Orbe de la Terre et l’Orbe de l’Eau…
Arisson se leva et s’adressa à l’ensemble des participants de la discussion avec détermination :
— Je vous remercie de m’avoir fait confiance… Je ne comprends pas encore l’ensemble de la situation, mais je suis persuadé que je peux croire ce qu’a dit Gensîl. J’ai une totale confiance en lui et en Cyrio.
Guilhem hocha la tête, et Arisson reprit :
— À mon tour de faire un pas dans votre direction. Je n’ai pas beaucoup d’informations utiles, mais… je sais deux choses que vous ignorez peut-être. Premièrement, j’ai entendu dire que la Confrérie de l’Eau avait lancé depuis quelque temps une exploration des fonds marins à l’Ouest d’Elenos. Il se dit qu’ils seraient à la recherche d’un sanctuaire englouti gardé par Kyogre, un Pokémon légendaire dont ils souhaiteraient prendre le contrôle.
— Ou peut-être est-ce là un prétexte trouvé par les Sages pour dénicher l’Orbe de l’Eau, remarqua Armin.
— C’est exactement ce que je me suis dit en entendant l’histoire de Gensîl, répondit Arisson.
— Il faut qu’on mette la main dessus avant eux ! lança Cyrio avec détermination.
— Ça me semble presque impossible… se désola le Libérateur. La Confrérie de l’Eau est équipée de sous-marins extrêmement perfectionnés, nous ne sommes pas capables de les prendre de vitesse sur leur terrain…
— Oui… commenta Guilhem d’un air songeur. Les fonds marins ne sont vraiment pas un endroit idéal pour déjouer leurs plans.
— Et quelle est ta deuxième information ? demanda Armin.
— La deuxième information est un peu plus ancienne, et peut-être moins cruciale. Mais j’ai entendu qu’un rassemblement des meilleurs éléments de la Confrérie du Feu devait avoir lieu il y a quelques jours. Il impliquait la plupart des Officiers, et même le Chef de la Confrérie. Il est possible que des décisions stratégiques majeures aient été prises là-bas.
— Mais les malversations du Conseil des Sages n’étaient certainement pas à l’ordre du jour… remarqua Guilhem.
Cyrio se leva brusquement de sa chaise et fixa Arisson avec stupéfaction :
— Tu… Tu as bien dit un rassemblement de la Confrérie du Feu ?
— Euh… oui, répondit Arisson en lui lançant un regard confus. J’ai dit quelque chose de mal ?
Cyrio chancela et se rattrapa à la table qui se trouvait devant lui. Il balbutia :
— J-Je ne sais pas… Je crois que… ça me rappelle quelque chose… M-Mais… je n’en suis pas sûr…


Comme l’avait révélé Arisson, une assemblée de la Confrérie du Feu avait bien eu lieu, quelques jours auparavant. Il s’agissait d’un ensemble de conférences et de cérémonies commémorant la mort de l’ancien Chef du Feu, drame qui avait précipité le début de la guerre des Confréries.
Durant l’une de ces conférences, le Chef actuel de la Confrérie se tenait sur une vaste scène, devant une assemblée d’une cinquantaine de fidèles. Au premier rang étaient assis plusieurs Officiers de la Confrérie.
Pour des raisons de sécurité, seuls les éléments les plus fiables et les plus remarquables de la Confrérie avaient été autorisés à participer, et le Chef disposait également d’une garde rapprochée de 4 fidèles qui ne le quittaient pas d’une semelle.
Le meneur de la Confrérie était vêtu d’un ample habit rouge, orné de toutes sortes de cristaux et d’accessoires scintillants. Il effectuait de grands gestes en s’adressant à l’auditoire :
— Les efforts déployés par nos frères et sœurs n’ont pas été vains, et il appartiendra à chacun de vous de le prouver lors des semaines à venir. Plusieurs tournants cruciaux se profilent à l’horizon tandis que l’intensité des conflits ne fait que grandir. Nous sommes préparés à cette escalade de la violence, et nous ne courberons pas l’échine devant le pouvoir de la terreur !

Dans une loge silencieuse à l’écart de la scène, le Général Ignacio était assis à un bureau, rédigeant quelques notes stratégiques dans un petit carnet. Il tapotait nerveusement sur son bureau et ruminait son impatience :
« Quelle perte de temps… Cela fait si longtemps que je cherche à obtenir la relique d’Entei, et lorsque je touche enfin au but, me voilà obligé de prendre part à cette fête ridicule… J’espère que le Capitaine Cinead saura assurer mon intérim… »
Ignacio jeta un regard nerveux autour de lui, puis se replongea dans ses pensées :
« Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne… Ce parvenu de Sage du Feu se permet de manquer la cérémonie, mais il est certain qu’il n’aura pas à en subir les conséquences… Contrairement à lui, j’ai dû me battre toute ma vie pour atteindre ce statut, et il est hors de question que je m’arrête en si bon chemin… Même si j’ai dû me faire de nombreux ennemis pour arriver jusqu’ici, j’ai su éliminer les éléments indésirables au bon moment. »
Le Général sortit brusquement de sa réflexion en entendant que quelqu’un frappait à sa porte.
— Entrez, lança-t-il sèchement.
La porte s’ouvrit et Ignacio vit apparaître un fidèle. On devinait derrière lui le couloir vide qui menait jusqu’à l’arrière de la scène. Le jeune homme aux cheveux noirs et au manteau rouge pénétra dans la loge et prit immédiatement une posture parfaitement droite pour marquer son respect.
— Mon Général, notre vénérable Chef aura bientôt terminé son discours. Il va vous appeler sur scène dans quelques minutes.
— Je vais me préparer, tu peux disposer.
Ignacio se retourna vers son bureau tandis que la porte de sa loge se refermait. Il reprit sa réflexion quelques instants :
« Quelle stupide farce… Cette commémoration n’a de sens que si elle réunit l’ensemble de nos fidèles. Mais il aurait été impossible d’organiser un tel évènement avec les problèmes de fuites et de sécurité auxquels nous devons actuellement faire face. Nous en sommes réduits à avoir une garde rapprochée pour chaque Officier, et chaque loge est surveillée par un groupe de deux fidèles… »
Le Général cessa de respirer pendant quelques secondes, et reprit sa réflexion :
« Un instant… Ce fidèle… Je n’ai vu personne d’autre, dans le couloir… »
Ignacio crut percevoir un bruissement de tissu et se retourna aussitôt. Le fidèle qui venait de lui parler avait surgi d’une cachette derrière un grand rideau de la loge. Il avait fait semblant de quitter la pièce avant de s’y glisser.
Le jeune homme brandissait un poignard et asséna un coup vif en direction du Général. Ce dernier s’était retourné juste à temps et put éviter que le coup ne lui soit fatal, mais il transperça sa longue tunique rouge et lui entailla tout de même le flanc droit.
Ignacio saisit fermement les bras de son assaillant pour tenter de le maîtriser. Les deux hommes luttaient avec détermination, mais le Général semblait peu à peu prendre le dessus. Il se mit à hurler, comme pour se donner encore plus de force :
— Misérable vermine ! Personne n’aura ma peau !
Son agresseur fut surpris par ce cri, et le Général profita de cet instant de déconcentration pour effectuer des mouvements saccadés et replier le bras droit de son assaillant, ce qui eut pour effet de rapprocher le poignard de la gorge de son propriétaire. Ignacio effectua un dernier geste brusque en hurlant, et le poignard taillada violemment la gorge du fidèle qui s’effondra au sol.
Ignacio reprit son souffle quelques instants, tout en fixant son adversaire, étendu sur le dos, qui se vidait de son sang en hoquetant. L’instant de stupéfaction passé, l’Officier quitta sa loge et se précipita dans le couloir vide en criant :
— Gardes ! On a tenté de m’assassiner !
Le jeune homme resta seul dans la loge, le regard fixé vers le plafond. Il sentait que ses forces le quittaient, et il n’eut que le temps d’avoir une dernière pensée avant de perdre conscience :
« Kira… Cyrio… Vous aviez raison… Je… Je suis désolé… »

Catégories : Fanfiction

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