{"id":597,"date":"2024-09-29T16:14:57","date_gmt":"2024-09-29T16:14:57","guid":{"rendered":"https:\/\/originsproject.eu\/?p=597"},"modified":"2024-09-29T16:14:58","modified_gmt":"2024-09-29T16:14:58","slug":"pokemon-origins-les-chroniques-delenos-la-chute-du-phenix-episode-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/originsproject.eu\/?p=597","title":{"rendered":"Pok\u00e9mon Origins : les chroniques d&rsquo;Elenos. La chute du ph\u00e9nix, \u00c9pisode 1."},"content":{"rendered":"\n<p>\/!\\ <strong>Attention : ce texte contient d&rsquo;importants spoils sur l&rsquo;histoire de Pok\u00e9mon Origins, et devrait \u00eatre lu uniquement apr\u00e8s avoir fini les 5 Chapitres disponibles dans le fan game.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p> <a href=\"https:\/\/drive.google.com\/file\/d\/1jGHBgjHpKrkdTyq-oiy4AtA_V1PzwXJI\/view?usp=sharing\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Lire ce texte au format PDF.<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>\u00c9pisode 1 : Envol<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a faisait bien une heure que j\u2019avais les yeux fix\u00e9s sur la mer. J\u2019en avais presque perdu la notion du temps. Je l\u2019avais rarement vue d\u2019aussi pr\u00e8s, et ce spectacle m\u2019avait profond\u00e9ment captiv\u00e9. Mon Ponyta commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019impatienter et il me fit revenir \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un l\u00e9ger coup de museau derri\u00e8re la t\u00eate. Je me relevai rapidement et je tapotai \u00e0 mon tour le front de mon partenaire, puis je me retournai en direction de notre campement. Mon Pok\u00e9mon semblait impatient de rentrer et il s\u2019\u00e9lan\u00e7a au trot vers le nord. Je lui embo\u00eetai donc le pas sans perdre une seconde.<br>Apr\u00e8s quelques minutes de marche \u00e0 travers les collines arides parsem\u00e9es d\u2019herbes s\u00e8ches, nous arriv\u00e2mes en vue d\u2019une vingtaine de tentes install\u00e9es pr\u00e8s d\u2019un cours d\u2019eau. Un vaste troupeau de Ponytas et de quelques Galopas broutait les herbes qui avaient pouss\u00e9 dans cet oasis providentiel. Quelques hommes les surveillaient tandis que des enfants jouaient \u00e0 proximit\u00e9.<br>Au loin s\u2019\u00e9tendaient des dunes de sable \u00e0 perte de vue, elles me semblaient bien plus vastes et interminables que l\u2019oc\u00e9an que je venais d\u2019admirer. C\u2019\u00e9tait sur ces terres que j\u2019avais vu le jour, une dizaine d\u2019ann\u00e9es auparavant, cet endroit st\u00e9rile que l\u2019on appelait le D\u00e9sert du D\u00e9sespoir. Je menais une existence nomade avec ma tribu, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019\u00e9levage de Ponytas. Nous parcourions les vastes terres arides qui convenaient parfaitement \u00e0 ces Pok\u00e9mons, toujours en qu\u00eate d\u2019eau et de parcelles \u00e0 brouter au fil des saisons. Les Ponytas et Galopas \u00e9taient notre seul moyen de subsistance. Ils nous fournissaient des v\u00eatements, de la nourriture, et faisaient de pr\u00e9cieuses montures pour chasser. De plus, leur force et leur acharnement au travail en faisaient une pr\u00e9cieuse monnaie d\u2019\u00e9change avec les peuples qui vivaient en dehors du d\u00e9sert.<br>Je sortai de mes r\u00eaveries et je d\u00e9valai la derni\u00e8re colline pour rejoindre ma tribu. Aussit\u00f4t, trois enfants avec qui je jouais souvent se ru\u00e8rent dans ma direction.<br>\u2014 Tayir ! cria le premier.<br>\u2014 \u00c7a fait longtemps que t\u2019es parti ! ajouta la deuxi\u00e8me en me serrant la jambe. On s\u2019inqui\u00e9tait pour toi !<br>\u2014 D\u00e9sol\u00e9, r\u00e9pondis-je. J\u2019\u00e9tais parti en reconnaissance et j\u2019ai un peu tra\u00een\u00e9.<br>Tandis que les enfants nous accueillaient chaleureusement, mon Ponyta et moi, un vieil homme s\u2019approcha lentement. Il s\u2019appuyait sur un grand b\u00e2ton sculpt\u00e9 de motifs complexes. C\u2019\u00e9tait le doyen de notre tribu, le plus sage et le plus \u00e9rudit.<br>\u2014 Vous n\u2019avez pas \u00e0 vous inqui\u00e9ter pour Tayir, commen\u00e7a-t-il. Il est on ne peut plus d\u00e9brouillard. De plus, son fid\u00e8le Ponyta le prot\u00e8ge.<br>La petite fille du groupe se tourna alors vers le doyen et lui lan\u00e7a :<br>\u2014 Quand c\u2019est qu\u2019on pourra avoir un Ponyta \u00e0 nous, hein ?<br>\u2014 Vous \u00eates encore bien jeunes, sourit le doyen. Il vous faudra attendre votre dixi\u00e8me anniversaire, et surtout faire vos preuves en aidant la tribu. Alors ne rel\u00e2chez pas vos efforts.<br>Soudainement motiv\u00e9s par ces paroles, les trois enfants repartirent au pas de course vers les tentes pour chercher comment ils pouvaient aider. Le doyen s\u2019approcha de moi et posa une main affectueuse sur ma t\u00eate.<br>\u2014 Tu as bien grandi, Tayir. J\u2019ai l\u2019impression qu\u2019hier encore, tu \u00e9tais haut comme trois baies Mepo, et je m\u2019amusais \u00e0 grattouiller tes cheveux rouges toujours mal coiff\u00e9s.<br>\u2014 Tout change, r\u00e9pondis-je avec d\u00e9sinvolture en tentant de dissimuler ma fiert\u00e9. C\u2019est normal.<br>\u2014 Tu es un grand fr\u00e8re et un mod\u00e8le pour ces enfants. Tu as toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0 pour prendre soin d\u2019eux lorsque leurs parents \u00e9taient trop occup\u00e9s par leur travail.<br>\u2014 Pourquoi tant d\u2019\u00e9loges, aujourd\u2019hui ?<br>Le vieil homme retira sa main du sommet de mon cr\u00e2ne pour se gratter la barbe quelques instants, puis il r\u00e9pondit :<br>\u2014 Tu es toujours aussi direct, jeune homme. Ne t\u2019inqui\u00e8te pas, je n\u2019ai rien \u00e0 te demander, si ce n\u2019est de continuer \u00e0 prendre soin d\u2019eux.<br>Je connaissais bien le doyen, et je sentais qu\u2019il \u00e9tait ailleurs, comme si quelque chose le pr\u00e9occupait.<br>\u2014 Vous \u00eates s\u00fbr que je ne peux rien faire d\u2019autre pour vous aider ? insistai-je.<br>Il regarda vers les collines dess\u00e9ch\u00e9es quelques instants en soupirant, puis il r\u00e9pondit :<br>\u2014 Les temps changent, Tayir. Notre mode de vie paisible et pacifique pourrait \u00eatre mis en p\u00e9ril. C\u2019est pour cela que nous devons toujours nous entra\u00eener au combat. Pour d\u00e9fendre notre territoire et nos valeurs.<br>\u2014 Je le sais bien, mais qu\u2019est-ce qui change, au juste ?<br>\u2014 Eh bien\u2026 De plus en plus de gens p\u00e9n\u00e8trent dans notre d\u00e9sert avec des intentions douteuses. Il semblerait qu\u2019ils cherchent \u00e0 l\u2019exploiter d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. Nous ignorons qui ils sont, mais certains disent qu\u2019ils viennent d\u2019un endroit au-del\u00e0 de l\u2019oc\u00e9an.<br>\u2014 J\u2019ai entendu des rumeurs \u00e0 ce sujet. Mais qu\u2019est-ce qu\u2019ils veulent, exactement ?<br>\u2014 Cela reste \u00e0 d\u00e9terminer, mais r\u00e9cemment, j\u2019ai rencontr\u00e9 plusieurs de leurs \u00e9missaires qui semblaient conna\u00eetre l\u2019existence d\u2019Entei, notre divinit\u00e9 protectrice. Ils m\u2019ont r\u00e9clam\u00e9 la relique l\u00e9gendaire permettant de communiquer avec lui.<br>\u2014 Entei\u2026 L\u2019\u00eatre du Feu qui vit dans ce volcan endormi\u2026 Je pensais que c\u2019\u00e9tait une l\u00e9gende.<br>\u2014 C\u2019est une grande marque de confiance que je t\u2019accorde en te r\u00e9v\u00e9lant ceci, mais cette relique existe bel et bien. Nous devons cependant faire en sorte que ces gens n\u2019aillent pas au-del\u00e0 du mythe et ne s\u2019en emparent jamais.<br>\u2014 C\u2019est compris, je serai prudent.<br>Je saluai le doyen et me dirigeai vers la tente de ma m\u00e8re. Le vieil homme me regarda partir avec un sourire rassurant, mais je sentais qu\u2019il \u00e9tait inquiet. L\u2019id\u00e9e qu\u2019un \u00e9l\u00e9ment ext\u00e9rieur pouvait perturber notre quotidien paisible m\u2019\u00e9tait insupportable, et je pr\u00e9f\u00e9rai aussit\u00f4t me concentrer sur le repas du soir.<br>J\u2019avais \u00e0 peine commenc\u00e9 \u00e0 marcher qu\u2019une petite fille qui \u00e9tait rest\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cart s\u2019approcha de moi en baissant la t\u00eate.<br>\u2014 Tayir\u2026 commen\u00e7a-t-elle timidement. Pardon\u2026 J\u2019ai encore cass\u00e9 ma poup\u00e9e\u2026<br>C\u2019\u00e9tait Ada, une petite fille solitaire qui n\u2019osait se confier qu\u2019\u00e0 moi. Elle me tendit sa poup\u00e9e, simple et sans artifice, dont l\u2019\u0153il droit s\u2019\u00e9tait encore d\u00e9tach\u00e9. Je me penchai vers elle et lui passait doucement la main dans les cheveux.<br>\u2014 Ne t\u2019inqui\u00e8te pas, Ada. Je vais m\u2019en occuper. Il se fait tard, alors je verrai \u00e7a demain \u00e0 la premi\u00e8re heure.<br>\u2014 Merci\u2026 murmura-t-elle en serrant sa poup\u00e9e contre son c\u0153ur avec un visage rassur\u00e9.<br>Je m\u2019\u00e9tais souvent appuy\u00e9 sur les autres au sein de la tribu, mais au fur et \u00e0 mesure que je grandissais, je sentais que d\u2019autres commen\u00e7aient \u00e0 compter sur moi. Pour eux, j\u2019\u00e9tais devenu important.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette nuit-l\u00e0, apr\u00e8s avoir d\u00een\u00e9 avec ma m\u00e8re, je sortis de notre tente pour me changer les id\u00e9es. Le vent glacial des steppes nocturnes me fouetta le visage et je frissonnai. Les yeux lev\u00e9s vers les \u00e9toiles qui \u00e9taient particuli\u00e8rement lumineuses, mon esprit vagabondait d\u2019une pens\u00e9e \u00e0 l\u2019autre : mon p\u00e8re qui avait succomb\u00e9 \u00e0 la rigueur du d\u00e9sert alors que j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s jeune, les soins prodigu\u00e9s par les autres membres de la tribu qui m\u2019avaient tous \u00e9lev\u00e9 \u00e0 leur mani\u00e8re, les plus jeunes qui comptaient d\u00e9sormais sur moi\u2026 Les inqui\u00e9tudes soulev\u00e9es par le doyen revinrent bien vite me hanter. Et si ces envahisseurs venus d\u2019ailleurs s\u2019en prenaient \u00e0 nous ? Serais-je capable de d\u00e9fendre ceux qui me sont chers ?<br>Le seul moyen de survivre, c\u2019\u00e9tait d\u2019\u00eatre fort, et je ne l\u2019\u00e9tais pas assez. Tout en fixant la Pok\u00e9ball de Ponyta, je me rem\u00e9morai les nombreux entra\u00eenements auxquels nous nous \u00e9tions soumis ces derniers mois. M\u00eame avant d\u2019avoir un Pok\u00e9mon, les adultes m\u2019avaient appris \u00e0 survivre et \u00e0 me d\u00e9fendre. Mais cela ne me suffisait pas. J\u2019\u00e9tais terroris\u00e9 par l\u2019id\u00e9e qu\u2019une force bien plus grande puisse exister, une force contre laquelle je ne pourrais rien faire. Je ne voulais pas finir comme mon p\u00e8re, alors je ne devais pas me satisfaire de ce que j\u2019avais d\u00e9j\u00e0, il fallait aller encore plus loin.<br>Alors que j\u2019\u00e9tais perdu dans mes pens\u00e9es, je remarquai une \u00e9toile qui brillait un peu plus que les autres. Elle scintillait d\u2019une lueur rouge vif, et semblait devenir de plus en plus grande, comme si elle se d\u00e9pla\u00e7ait. Je ne r\u00eavais pas, cette \u00e9toile \u00e9tait bien en train de traverser le ciel, fon\u00e7ant vers l\u2019est, comme si elle se dirigeait vers le volcan sacr\u00e9. L\u2019espace d\u2019un instant, je crus percevoir des ailes qui battaient dans ce scintillement \u00e9carlate. C\u2019est alors que je me rem\u00e9morai une histoire dont m\u2019avait parl\u00e9 le doyen : celle de Flambusard, ce Pok\u00e9mon flamboyant qui traversait parfois le ciel de notre r\u00e9gion et qui apportait la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ceux qui l\u2019apercevaient.<br>Je ne quittais pas des yeux cette lumi\u00e8re qui semblait perdre de l\u2019altitude, jusqu\u2019\u00e0 sa disparition derri\u00e8re les collines de l\u2019est, dans la direction du volcan. Loin de m\u2019\u00e9merveiller devant la beaut\u00e9 de ce spectacle, c\u2019est une autre pens\u00e9e qui m\u2019avait aussit\u00f4t travers\u00e9 l\u2019esprit : ce Pok\u00e9mon \u00e9tait sans doute extr\u00eamement puissant. S\u2019il apportait la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ceux qui le voyaient, qu\u2019en serait-il de son dresseur ? C\u2019\u00e9tait devenu une \u00e9vidence : il me le fallait. J\u2019en avais besoin pour prot\u00e9ger ma tribu.<br>Je passai subrepticement la t\u00eate dans la tente de ma m\u00e8re pour m\u2019assurer qu\u2019elle dormait, je r\u00e9unis quelques baies et Pok\u00e9balls \u00e0 la va-vite, j\u2019attachai ma gourde et mon couteau de survie \u00e0 ma ceinture avec pr\u00e9caution, et je me mis en route dans la nuit. J\u2019esp\u00e9rais \u00eatre revenu avant l\u2019aube, ou avant midi au plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plusieurs heures de marche dans les collines obscures et d\u00e9sol\u00e9es, j\u2019aper\u00e7us enfin le volcan qui se d\u00e9tachait dans un horizon o\u00f9 le soleil matinal allait d\u00e9j\u00e0 bient\u00f4t appara\u00eetre. \u00c9puis\u00e9 par ce voyage et frigorifi\u00e9 par la nuit du d\u00e9sert, j\u2019avais tenu le coup gr\u00e2ce aux flammes de mon Ponyta qui marchait \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s. Il \u00e9tait encore trop petit et trop faible pour pouvoir me transporter \u00e0 travers le d\u00e9sert comme l\u2019aurait fait un Galopa. Je ne pouvais que constater mon inexp\u00e9rience et ma stupidit\u00e9 : le voyage avait \u00e9t\u00e9 bien plus long que je ne l\u2019avais anticip\u00e9, et j\u2019avais sous-estim\u00e9 la fatigue d\u2019une nuit blanche.<br>Pourtant, il \u00e9tait hors de question de faire demi-tour si pr\u00e8s du but, je continuais \u00e0 avancer d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9 vers l\u2019immense masse rocheuse qui me tendait les bras. \u00c0 mesure que je m\u2019approchais, j\u2019\u00e9tais de plus en plus impressionn\u00e9 par sa grandeur. J\u2019avais entendu de nombreuses l\u00e9gendes sur le volcan sacr\u00e9, et je l\u2019avais aper\u00e7u de loin, mais jamais je ne m\u2019y \u00e9tais aventur\u00e9. Au pied du volcan, j\u2019apercevais quelques Chamallots brouter une v\u00e9g\u00e9tation un peu plus luxuriante qu\u2019aux alentours. Le sol y \u00e9tait certainement plus fertile, et il n\u2019y avait pas eu d\u2019\u00e9ruption depuis plusieurs mill\u00e9naires. On disait m\u00eame que son crat\u00e8re \u00e9tait d\u00e9sormais devenu un lac, oasis de vie dans ce d\u00e9sert.<br>Mais alors que je r\u00eavassais devant la grandeur de ce monument naturel, une vive lueur attira mon attention. Le soleil ne s\u2019\u00e9tait pas encore montr\u00e9, et c\u2019\u00e9tait comme si un phare se d\u00e9tachait des pentes du volcan. Je reconnus cette lumi\u00e8re flamboyante qui avait travers\u00e9 le ciel et qui m\u2019avait attir\u00e9 jusqu\u2019ici. C\u2019\u00e9tait mon seul et unique objectif.<br>Une fois au pied du volcan, je rappelai Ponyta dans sa Pok\u00e9ball et j\u2019entamai une ascension dont je n\u2019avais pas du tout anticip\u00e9 la difficult\u00e9. Pendant deux bonnes heures, je grimpai avec prudence et d\u00e9termination, m\u2019\u00e9corchant les mains, les bras et les jambes sur les roches pointues. Je me dirigeais vers le piton rocheux que j\u2019avais vu briller, m\u00eame si je n\u2019avais qu\u2019une id\u00e9e approximative de sa position. Le soleil s\u2019\u00e9tait progressivement lev\u00e9, mais comme j\u2019escaladais le versant ouest du volcan, il m\u2019offrait encore un peu d\u2019ombre.<br>\u00c9puis\u00e9 par tous mes efforts, je d\u00e9cidai de m\u2019arr\u00eater quelques instants pour boire un peu et manger quelques baies. J\u2019avais \u00e0 peine aval\u00e9 quelques bouch\u00e9es qu\u2019un bruit attira mon attention. C\u2019\u00e9tait comme une puissante rafale de vent. Lorsque je levai la t\u00eate, il \u00e9tait l\u00e0, pos\u00e9 sur un piton rocheux, me fixant de son regard per\u00e7ant\u2026 Celui que je voyais comme une arme indispensable \u00e0 ma qu\u00eate de puissance\u2026 Flambusard.<br>Son plumage rouge vif \u00e9tait \u00e9clair\u00e9 par le soleil qui avait d\u00e9pass\u00e9 le sommet du volcan, mais \u00e9galement par les flammes abondantes qui recouvraient son corps et ses ailes. C\u2019\u00e9tait une vision presque surnaturelle. Je ne pris qu\u2019un instant pour m\u2019\u00e9merveiller, et je me relevai aussit\u00f4t pour lancer la Pok\u00e9ball de Ponyta.<br>\u2014 Ponyta ! hurlai-je. Il faut frapper vite ! \u201cRoue de Feu\u201d !<br>Mon compagnon s\u2019entoura de flammes et se rua vers notre adversaire, mais ce dernier se prot\u00e9gea simplement avec ses ailes et projeta Ponyta contre un rocher. Mon compagnon s\u2019effondra au sol, assomm\u00e9 par le choc. J\u2019\u00e9tais compl\u00e8tement paniqu\u00e9, et je m\u2019en voulais d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 aussi na\u00eff. Est-ce que j\u2019avais vraiment une chance ?<br>Flambusard se jeta de son perchoir et fon\u00e7a sur moi en quelques battements d\u2019ailes. Je me jetai sur le c\u00f4t\u00e9 et parvins \u00e0 l\u2019\u00e9viter de justesse. Mon adversaire effectua un demi-tour extr\u00eamement vif et pr\u00e9cis avant de revenir dans ma direction. Je d\u00e9cidai alors de tenter de lui lancer une Pok\u00e9ball. J\u2019attendis qu\u2019il ne soit qu\u2019\u00e0 quelques m\u00e8tres de moi, et je me jetai derri\u00e8re des rochers avant de lui lancer la Pok\u00e9ball. Le Pok\u00e9mon ouvrit aussit\u00f4t le bec et cracha un puissant jet de flammes. Les rochers me sauv\u00e8rent la vie, mais la Pok\u00e9ball fut r\u00e9duite en cendres.<br>Recroquevill\u00e9 derri\u00e8re ma cachette, j\u2019\u00e9tais terroris\u00e9. Je jetai un regard dans la direction de Ponyta qui \u00e9tait inerte, \u00e9tendu pr\u00e8s du rocher qu\u2019il avait percut\u00e9. Flambusard reprit de l\u2019altitude et se tourna finalement vers mon compagnon. Dans le ciel, je vis aussit\u00f4t qu\u2019il avait chang\u00e9 de silhouette. Il avait repli\u00e9 les ailes et fon\u00e7ait en piqu\u00e9 vers Ponyta. Mon ami qui m\u2019avait toujours fid\u00e8lement d\u00e9fendu \u00e9tait \u00e0 pr\u00e9sent en danger par ma faute. M\u00eame si je pleurais de peur et de honte d\u2019avoir provoqu\u00e9 cette situation, je ne pouvais pas rester sans rien faire.<br>Je me ruai hors de ma cachette et je me mis \u00e0 courir de toutes mes forces vers Ponyta. J\u2019esp\u00e9rais pouvoir le pousser derri\u00e8re le gros rocher qui se dressait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Lorsque j\u2019arrivai enfin devant mon compagnon, je compris que l\u2019impact avec Flambusard \u00e9tait imminent. Je n\u2019avais plus le temps de d\u00e9placer Ponyta. Un instinct de survie prit alors le contr\u00f4le de mon corps. Sans r\u00e9fl\u00e9chir, j\u2019empoignai le couteau qui \u00e9tait \u00e0 ma ceinture, et je le tendis vers Flambusard en hurlant :<br>\u2014 ARR\u00caTE !!<br>L\u2019espace d\u2019un instant, le temps sembla fig\u00e9. Je crus m\u00eame discerner de la surprise dans le regard de Flambusard qui n\u2019\u00e9tait qu\u2019\u00e0 deux m\u00e8tres de moi.<br>Au dernier moment, l\u2019assaillant se redressa et interrompit son piqu\u00e9. Je fus \u00e9bahi de pouvoir l\u2019admirer d\u2019aussi pr\u00e8s. Mais lorsqu\u2019il d\u00e9ploya ses ailes, un torrent de flammes d\u00e9ferla dans ma direction. Aussit\u00f4t, je sautai en arri\u00e8re pour y \u00e9chapper et tendis mon bras gauche devant mon visage dans un r\u00e9flexe d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. La douleur que je ressentis alors fut inscrite \u00e0 jamais dans ma m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque je repris connaissance, j\u2019\u00e9tais \u00e9tendu au sol. Flambusard avait disparu, et Ponyta \u00e9tait devant moi, inquiet de constater mon \u00e9tat. J\u2019\u00e9tais stup\u00e9fait d\u2019\u00eatre encore en vie, mais la douleur de mes br\u00fblures me fit presque regretter d\u2019avoir surv\u00e9cu. J\u2019avais souvent subi des br\u00fblures en m\u2019occupant des Ponytas et des Galopas, mais certaines que je venais de subir n\u2019avaient rien de comparable.<br>Je r\u00e9ussis \u00e0 m\u2019appuyer sur mon bras droit pour m\u2019asseoir et constater mon \u00e9tat. J\u2019avais plusieurs br\u00fblures mineures sur le torse, mais le plus pr\u00e9occupant \u00e9tait mon bras gauche qui semblait avoir subi des br\u00fblures bien plus graves. Je pouvais \u00e0 peine le bouger.<br>J\u2019\u00e9tais \u00e9puis\u00e9 et rong\u00e9 par la douleur, mais je me relevai aussit\u00f4t. Ponyta tenta de m\u2019en dissuader, mais je le rappelai dans sa Pok\u00e9ball. Je n\u2019avais pas le choix, je devais rentrer. J\u2019avais pris des risques stupides et abandonn\u00e9 ma tribu pour un espoir futile, je devais assumer mon erreur. J\u2019avais perdu mes derni\u00e8res baies et ma gourde, alors je ne devais pas m\u2019\u00e9terniser ici. M\u00eame avec un seul bras valide, je r\u00e9ussis \u00e0 redescendre du volcan en empruntant le chemin le moins escarp\u00e9 et le plus s\u00fbr possible. Apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 un peu d\u2019eau et de baies au milieu de la verdure au pied du volcan, je me remis en route vers l\u2019ouest, cette fois sous la chaleur \u00e9crasante du soleil qui \u00e9tait \u00e0 son z\u00e9nith.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s de longues heures, bien plus interminables qu\u2019\u00e0 l\u2019aller, j\u2019aper\u00e7us enfin le cours d\u2019eau \u00e0 proximit\u00e9 duquel nous nous \u00e9tions install\u00e9s. Le soleil allait d\u00e9j\u00e0 bient\u00f4t se coucher \u00e0 l\u2019ouest des collines. J\u2019ignorais comment j\u2019avais trouv\u00e9 la force de parcourir cette distance dans mon \u00e9tat. Une fois encore, j\u2019avais l\u2019impression de ne plus r\u00e9fl\u00e9chir et d\u2019\u00eatre guid\u00e9 par un instinct de survie.<br>Enfin, j\u2019arrivais en vue de la derni\u00e8re colline qu\u2019il me fallait franchir. Derri\u00e8re m\u2019attendait ma tribu, o\u00f9 tout le monde \u00e9tait certainement mort d\u2019inqui\u00e9tude. Ma m\u00e8re allait sans doute me passer un savon m\u00e9morable, et le doyen allait \u00e0 coup s\u00fbr me faire la morale, mais tout le monde serait soulag\u00e9 de me revoir en vie, et les enfants viendraient \u00e9couter le r\u00e9cit de mon p\u00e9riple avec des yeux brillants\u2026<br>Je fus brutalement sorti de mes r\u00eaveries lorsque j\u2019atteignis le sommet de la colline. L\u00e0, en bas, il n\u2019y avait plus rien. Ou plut\u00f4t si, il y avait une sc\u00e8ne cauchemardesque. Les tentes de ma tribu \u00e9taient dispers\u00e9es, d\u00e9chir\u00e9es, calcin\u00e9es, nos affaires \u00e9parpill\u00e9es\u2026 Mais je ne voyais personne, absolument personne. Pas un adulte, pas un enfant, pas un Ponyta.<br>Saisi par la panique et l\u2019angoisse, je me mis \u00e0 courir vers les restes du d\u00e9sastre. Que s\u2019\u00e9tait-il pass\u00e9 ? Il y avait forc\u00e9ment une explication. Les membres de ma tribu avaient d\u00fb fuir quelque part. Ils n\u2019\u00e9taient quand m\u00eame pas\u2026<br>Alors que je marchais prudemment au milieu des tentes d\u00e9chir\u00e9es, je remarquai un immense couteau\u2026 Un poignard, dont la lame \u00e9tait couverte de sang. J\u2019\u00e9tais terrifi\u00e9 et je n\u2019osais plus bouger, mais c\u2019est alors que j\u2019aper\u00e7us pr\u00e8s de l\u2019arme une poup\u00e9e \u00e0 moiti\u00e9 recouverte par le sable. Je la saisis dans ma main droite et remarquai tout de suite son \u0153il droit manquant. C\u2019\u00e9tait celle d\u2019Ada\u2026<br>Les larmes commen\u00e7aient \u00e0 poindre au coin de mes yeux fatigu\u00e9s, mais je m\u2019interrompis soudainement en entendant une voix.<br>\u2014 Alors ? Rien \u00e0 signaler ?<br>Instinctivement, je me jetai au sol pour me dissimuler derri\u00e8re les restes d\u2019une tente. En glissant la t\u00eate hors de ma cachette, je vis deux hommes qui portaient des combinaisons aux couleurs des sables du d\u00e9sert. Cela expliquait pourquoi je ne les avais pas rep\u00e9r\u00e9s plus t\u00f4t.<br>\u2014 Rien du tout, r\u00e9pondit le second. Plus aucun corps dans le coin. Je pense qu\u2019on a fait le tour.<br>\u2014 Pfff\u2026 On a toujours pas la moindre info utile, quelle plaie\u2026<br>\u2014 Retournons au b\u00fbcher pour voir o\u00f9 en sont les autres.<br>Tout en pronon\u00e7ant ces mots, l\u2019homme myst\u00e9rieux pointait vers l\u2019ouest, derri\u00e8re les collines o\u00f9 j\u2019\u00e9tais r\u00e9guli\u00e8rement all\u00e9 gambader avec Ponyta et les autres enfants. C\u2019est alors que j\u2019aper\u00e7us une immense colonne de fum\u00e9e dans cette direction. Mon c\u0153ur se serra. Je n\u2019osais pas imaginer ce qui se trouvait l\u00e0-bas, mais j\u2019\u00e9tais oblig\u00e9 d\u2019admettre qu\u2019un horrible sort avait s\u00fbrement \u00e9t\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux membres de ma tribu. Ma m\u00e8re, le doyen, les autres anciens, les enfants, Ada\u2026 Ce n\u2019\u00e9tait pas possible, ils ne pouvaient pas tous \u00eatre l\u00e0-bas\u2026 J\u2019avais envie de hurler, de pleurer, d\u2019arr\u00eater de respirer\u2026 Mais ce n\u2019\u00e9tait pas le moment. Ces monstres \u00e9taient devant moi, et je devais m\u2019en tirer. Abandonner maintenant, \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 les trahir tous.<br>Je d\u00e9cidai de rester immobile en attendant le d\u00e9part des deux assassins, mais alors que le premier se mit \u00e0 marcher vers l\u2019ouest, le second d\u00e9clara :<br>\u2014 Deux secondes, j\u2019ai plus que trois poignards. J\u2019ai d\u00fb en faire tomber un. Il doit pas \u00eatre loin.<br>\u2014 Tra\u00eene pas trop, r\u00e9pondit son acolyte.<br>L\u2019homme des sables se mit \u00e0 inspecter les alentours. Inexorablement, il se rapprochait de moi. Instinctivement, je tendis la main vers ma ceinture pour saisir mon couteau de survie. Il n\u2019\u00e9tait plus l\u00e0. J\u2019avais d\u00fb le perdre lors de ma confrontation avec Flambusard.<br>Mon regard se posa alors sur le poignard ensanglant\u00e9 qui se trouvait juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la poup\u00e9e borgne. Je n\u2019avais pas le choix, il fallait que je me d\u00e9fende. Je m\u2019accroupis sans faire un bruit et saisis la terrible lame en serrant son manche de toutes mes forces. Je ne pouvais compter que sur mon bras droit pour ass\u00e9ner un coup fatal.<br>Je retenais ma respiration et j\u2019\u00e9coutais les pas du meurtrier s\u2019approcher de ma position. Les bruits du d\u00e9sert n\u2019avaient aucun secret pour moi. Juste avant qu\u2019il ne me d\u00e9couvre, je me dissimulai derri\u00e8re un lambeau de tissu extrait d\u2019une tente d\u00e9chir\u00e9e. J\u2019entendis ses pas passer tout pr\u00e8s de moi, et je crus que j\u2019allais mourir \u00e9touff\u00e9 \u00e0 force de ne plus respirer. Mais quand je sentis qu\u2019il m\u2019avait tourn\u00e9 le dos, je bondis hors de ma cachette et lui sautai dessus en hurlant toute ma rage. Avec son poignard, je lui ass\u00e9nai de puissants coups dans le dos, en visant son c\u0153ur. Mon ennemi s\u2019effondra en hurlant. Assis sur son corps inerte, je r\u00e9p\u00e9tais les coups de poignard au m\u00eame endroit, encore et encore, comme si j\u2019avais peur qu\u2019il se rel\u00e8ve. Le sang et le sable se m\u00e9langeaient \u00e0 mes larmes qui coulaient maintenant \u00e0 flots. Cette peur et cette douleur s\u2019ajoutaient \u00e0 la souffrance constante que m\u2019infligeait mon bras gauche enti\u00e8rement br\u00fbl\u00e9.<br>Je venais de le faire. J\u2019avais tu\u00e9 un homme. Il \u00e9tait l\u00e0, devant moi. Mais je n\u2019avais aucun remords, il fallait que je le fasse. C\u2019\u00e9tait lui ou moi.<br>J\u2019entendis alors l\u2019appel de son complice, qui \u00e9tait encore assez proche pour avoir entendu son cri.<br>\u2014 H\u00e9 ! lan\u00e7a-t-il. C\u2019est quoi, ce barouf ? Tout va bien, l\u00e0-bas ?<br>Seul le silence du d\u00e9sert lui r\u00e9pondit.<br>\u2014 Bordel ! hurla-t-il. Tu te fous de moi ? R\u00e9ponds !<br>Le deuxi\u00e8me homme fit demi-tour et s\u2019approcha lentement du camp. Il d\u00e9gaina deux poignards, un dans chaque main. Je ne pouvais plus compter sur l\u2019effet de surprise, et je n\u2019\u00e9tais pas en \u00e9tat de me battre. Que pouvais-je faire ? Est-ce qu\u2019il fallait que j\u2019utilise Ponyta ? Non, je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 trop mis en danger par mon incomp\u00e9tence, il fallait que je m\u2019en sorte seul.<br>Je ne pouvais compter qur sur mon bras droit et je dus r\u00e9fl\u00e9chir au plus vite \u00e0 un plan de survie. C\u2019est alors que je r\u00e9cup\u00e9rai le poignard que je venais d\u2019utiliser, et que je me tournai vers la poup\u00e9e qui gisait au sol. Rempli de rage et de regret, j\u2019enfon\u00e7ai le poignard dans la t\u00eate de cette innocente victime, \u00e0 l\u2019emplacement o\u00f9 elle aurait d\u00fb avoir un \u0153il droit.<br>Une seule pens\u00e9e me d\u00e9vorait l\u2019esprit : j\u2019aurais d\u00fb \u00eatre l\u00e0. J\u2019aurais d\u00fb les prot\u00e9ger, et je suis parti poursuivre une ambition stupide. J\u2019ai abandonn\u00e9 toute ma tribu. Mais est-ce que j\u2019aurais vraiment pu faire quelque chose ?<br>J\u2019entendis de nouveau le deuxi\u00e8me homme appeler son complice. Je ne pouvais pas me torturer \u00e0 un tel moment. Il fallait agir.<br>Gardant la poup\u00e9e embroch\u00e9e au bout de mon poignard, je me dissimulai \u00e0 nouveau derri\u00e8re une autre tente. Cette fois, j\u2019escaladai les d\u00e9combres pour me placer un peu en hauteur, esp\u00e9rant pouvoir surprendre mon adversaire par les airs.<br>Lorsqu\u2019il d\u00e9couvrit son compagnon inerte, l\u2019assassin poussa un cri de surprise et scruta aussit\u00f4t les alentours avec attention. C\u2019est \u00e0 ce moment que j\u2019\u00e9lan\u00e7ai mon bras droit de toutes mes forces vers les d\u00e9combres d\u2019une tente qui se trouvait tout pr\u00e8s de lui. Dans le mouvement, la poup\u00e9e se d\u00e9tacha du poignard et fut projet\u00e9e vers mon objectif. D\u00e8s qu\u2019il entendit un bruissement de tissu, le guerrier surentra\u00een\u00e9 effectua un geste vif et pr\u00e9cis pour embrocher son agresseur. Son poignard se planta dans la t\u00eate de la poup\u00e9e et vint se loger dans un rondin de bois dans les d\u00e9combres. Lorsqu\u2019il r\u00e9alisa son erreur, il \u00e9tait trop tard. J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 bondi depuis ma cachette sur\u00e9lev\u00e9e et j\u2019avais atterri sur ses \u00e9paules. Avec des mouvements mal assur\u00e9s qui auraient aussi bien pu me tuer, je lui ass\u00e9nai plusieurs coups au niveau de la gorge.<br>Tout comme son acolyte, l\u2019homme aux couleurs des sables s\u2019effondra. Cette fois, je laissai la lame ensanglant\u00e9e et \u00e9mouss\u00e9e dans une des nombreuses plaies b\u00e9antes qu\u2019elle avait inflig\u00e9es. Apr\u00e8s quelques instants pour reprendre mes esprits, je me relevai p\u00e9niblement. Les larmes s\u2019\u00e9taient arr\u00eat\u00e9es de couler sur mes joues. Je serrais simplement les dents, de toutes mes forces. En me retournant, je vis son poignard qui \u00e9tait rest\u00e9 plant\u00e9 dans le rondin de bois, avec la poup\u00e9e d\u2019Ada empal\u00e9e au bout. Je fus pris de naus\u00e9es et je crus que j\u2019allais perdre connaissance.<br>Il fallait que je parte d\u2019ici, mais j\u2019\u00e9tais bless\u00e9, \u00e9puis\u00e9, affam\u00e9, d\u00e9shydrat\u00e9\u2026 Je boitillai lentement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du campement, vers les collines de l\u2019est par o\u00f9 j\u2019\u00e9tais arriv\u00e9. Il fallait que je parte avant que le reste de leur groupe n\u2019arrive, ceux qui se trouvaient sous cette colonne de fum\u00e9e\u2026<br>La douleur dans mon bras gauche s\u2019\u00e9tait \u00e0 pr\u00e9sent \u00e9tendue \u00e0 mon visage, et au reste de mon corps. Je n\u2019avais plus les id\u00e9es claires.<br>Alors que je relevai la t\u00eate, je crus apercevoir un homme au sommet de la colline d\u2019o\u00f9 j\u2019avais observ\u00e9 les ruines de notre campement. Il \u00e9tait grand et \u00e0 l\u2019allure imposante, mais je m\u2019effondrai sur le sable avant d\u2019avoir pu observer son visage.<br>Je n\u2019avais pas perdu connaissance, mais mon corps ne r\u00e9pondait plus. J\u2019entendis alors des pas sur le sable. Je ne r\u00eavais pas, il y avait bien quelqu\u2019un. Il allait certainement en finir avec moi. C\u2019\u00e9tait termin\u00e9.<br>Mais au lieu de me faire transpercer par un poignard, j\u2019entendis une voix claire et ferme s\u2019adresser \u00e0 moi :<br>\u2014 Quel triste spectacle, c\u2019est bien malheureux.<br>Je voulais relever la t\u00eate pour voir qui me parlait, mais j\u2019en \u00e9tais incapable. L\u2019homme continua :<br>\u2014 Ces pillards du d\u00e9sert sont des \u00eatres sans foi ni loi. Je suppose qu\u2019ils s\u2019en sont pris \u00e0 ta famille.<br>Je parvins \u00e0 \u00e9mettre un vague son pour confirmer ses dires.<br>\u2014 Je suis sinc\u00e8rement d\u00e9sol\u00e9 pour toi, mon gar\u00e7on.<br>Je sentis alors que l\u2019homme s\u2019accroupissait pour parler tout pr\u00e8s de mon oreille.<br>\u2014 Tu as fait preuve d\u2019un grand courage pour sauver ta vie. Je t\u2019ai vu faire face \u00e0 tes deux agresseurs avec une bravoure, une malice et une sauvagerie que je n\u2019avais jamais vues chez un enfant de ton \u00e2ge. Tu es venu \u00e0 bout de tes ennemis malgr\u00e9 tes blessures et la peur que tu as d\u00fb ressentir.<br>L\u2019homme se redressa et resta silencieux quelques instants. Puis il reprit :<br>\u2014 Ce monde est cruel, mon gar\u00e7on. Il faut savoir se montrer aussi rude et impitoyable pour esp\u00e9rer s\u2019en sortir. Je sens en toi une puissante flamme qui br\u00fble, et il serait dommage qu\u2019elle s\u2019\u00e9teigne aujourd\u2019hui.<br>Je parvins enfin \u00e0 relever la t\u00eate, mais ma vision n\u2019\u00e9tait plus assez claire pour distinguer le visage de mon intelocuteur. Je vis cependant qu\u2019il me tendait la main.<br>\u2014 Viens avec moi. Je vais te soigner. Et surtout, je vais te rendre plus fort. Bien plus fort. Pour que jamais tu n\u2019aies \u00e0 revivre un tel drame.<br>R\u00e9unissant mes derni\u00e8res forces, je tendis le bras droit et saisis sa main. Je crus distinguer qu\u2019il sourirait.<br>\u2014 Quel est ton nom, mon gar\u00e7on ?<br>\u2014 Tayir\u2026 murmurai-je p\u00e9niblement.<br>\u2014 Je suis le G\u00e9n\u00e9ral Ignacio, ravi de te rencontrer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"\/!\\ Attention : ce texte contient d&rsquo;importants spoils sur l&rsquo;histoire de Pok\u00e9mon Origins, et devrait \u00eatre lu uniquement apr\u00e8s avoir fini les 5 Chapitres disponibles dans le fan game. 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